Carte des Voyages aux Philippines


Afficher Mes voyages aux Philippines et dans les environs sur une carte plus grande

jeudi 26 août 2010

L'autre coté du miroir...

Parce que même les plus beaux rêves ont un côté sombre, voilà l'une des ombres de Manille, la Smokey Mountain...

Ancienne décharge à ciel ouvert, qui a fonctionné pendant 40 ans, on estime à 30 000 le nombre de squatteurs qui y vivent, tentant tant bien que mal de récupérer ce qu'ils pourraient revendre afin de survivre, dans 2 millions de tonnes de déchets...



C'est un enfer où les enfants vivent nus, et où les gens qui portent un short vert sont ceux qui ont la 'chance' de posséder le permis pour aller fouiller dans la poubelle de Manille.


J'y ai accompagné une étudiante japonaise, Yuri, qui est volontaire dans l'ONG 'Basura House', littéralement la 'maison-poubelle', qui fait du check up médical et de la distribution de médicaments.
Durant la séance de distribution plus de 200 personnes sont passés, mères de 17ans ou vieillards, pour obtenir paracetamol ou vitamines.
 


 On pourrait croire que l'on y voit la misère du monde et c'est en partie vrai, mais il n'y a pas que ça...
Il y a, comme partout dans ce pays, une part d'espoir, des enfants qui jouent, des grands sourires qui font que l'on sait que tout n'est pas perdu, un potentiel immense, la vie...


PS : je tiens à préciser que toutes les images de ce blog sont copyright klo-in-manila... si vous les voulez pour un autre site, ou une quelconque autre utilisation, demandez moi et mettez le lien vers ce blog, merci !

Manille, encore, toujours, et ses contrastes...

Manille, un seul mot pour faire rêver, je l'ai prononcé des centaines de fois avant d'arriver, m'imaginant tout et n'importe quoi, et pourtant, rien ne ressemble aux images que j'avais dans la tête.

Pour vous redonner quelques exemples de Manille la contrastée, voilà les photos de deux journées, dans la même ville.
La première est une croisière sur le ferry de Pasig River, une des principales rivières qui traversent Manille, avec une fin de journée à Intramuros, la vieille ville de Manille, petit tour en calèche.

 
LA tomme de savoie (à 3euros les 100g).

Tout commence par un petit tour dans un mall ultra luxueux (encore pire que tous ceux que j'avais déjà vu), et la découverte d'un rayon fromage par nos deux savoyards (imaginez la bave...)

 Et c'est parti pour un tour en ferry, avec des glaces, parce qu'on est gourmandes (et qu'il fait 37degrés à l'ombre)

Les Buildings de Makati au loin
Et après 1h30 de croisière paisible, arrivée à Intramuros, avec les vieux bâtiments coloniaux espagnols
Le lieu où le héros national, José Rizal, fervent activiste de l'émancipation philippine sous le joug espagnol a été exécuté.



Bref, journée tourisme et culture !



Be committed

Un des nombreux avantages de la troisième année, cette année où le rêve devient réalité, et où l'on découvre le vrai monde, est la possibilité d'avoir du temps libre.
Du temps libre, ne veux pas dire quelques heures ou un samedi après midi pour se reposer, ne rien faire ou aller au ciné, c'est des jours où l'on n'a vraiment rien à faire, et que l'on peut occuper à quelque chose d'utile pour les autres !
Ainsi, l'engagement dans une/des association(s) me paraissait une part importante de ma troisième année.

N'ayant que deux jours de cours par semaine, et souhaitant en garder quelques uns pour voyager, il me reste tout de même un certain nombre d'heures de libre.
Une chose intéressante à noter est que l'engagement associatif à l'université est la règle ici, quand elle n'est qu'une exception à Sciences Po (et encore pire, je crois pouvoir dire, à Jussieu). Cela implique que quasiment tous les étudiants font partie d'au moins une association, et que la majorité font partie de bien plus.

La première association à laquelle j'ai adhéré s'appelle Musmos, il s'agit d'une organisation d'Ateneo qui va, tous les samedis, faire de l'animation pour des enfants qui appartiennent à la low class.
Je n'y vais pas très souvent parce que mes samedis matins sont très occupés par les voyages, mais à chaque fois que je vais à ma matinée Musmos, je reviens le sourire aux lèvres !


Ces ptis bou d'chou, avec les dents complètement cariées (ça fait vraiment mal au coeur quand tu vois ça...), les jambes bouffées par les moustiques, ont le sourire tout le temps.

De part ma toute récente expérience en animation, je ne peux que dire que ce sont des enfants parfaits !

Pourquoi ?
A plus d'une centaine de gamins, de tout âge, dans un espace pas plus grand qu'un terrain de basket de cour d'école, ils sont sages, et tellement heureux de pouvoir jouer qu'ils peuvent, sans se lasser, passer 30min à faire Poisson-Filet, quand les enfants de centre aéré s'arrêtent au bout de 10min...
L'autre partie du programme est plus de l'éducation, c'est à dire qu'on leur raconte une histoire à chaque séance, et après, petit quizz (et dessins pour les plus jeunes), et les gamins sont, encore une fois, trop trop impressionnants, très concentrés.


Bref, j'aime beaucoup aller à cette assoc'.

Pour continuer avec l'université, j'ai aussi participé un week end à de la construction de maisons, qui s'est en fait résumée à transporter des sacs de gravas et de terres dans un quartier où les maisons sont construites par une association appelée GK.
C'était assez marrant, le quartier est très coloré, et peindre une maison en jaune pétant, je crois que c'est une expérience assez inoubliable !
Le midi, on a eu droit à un repas à la mode je mange avec les doigts sur des feuilles de bananiers et j'avoue que c'était très marrant, surtout quand on manque d'expérience et qu'on en mets partout... mais les chats qui passaient ont appréciés.

 Chiori, une de mes copines japonaises, en train de montrer sa technique parfaite !

Les maisons flashy


Une bonne journée donc, même si le but sous-jacent m'échappe un peu,  construire des maisons pour des gens, d'accord, mais quel suivi après ? comment choisir les bénéficiaires ? les maisons en elles-même ne sont pas forcément très fonctionnelles, mais bon, c'est mieux que rien !


Pour finir je me suis aussi engagée comme stagiaire dans une ONG locale (en dehors de l'université), appelée Mother Earth Foundation. En effet, après avoir pas mal tournée, envoyé une bonne vingtaine de mails et cv/lettres de motivations à droite à gauche, rencontré le directeur d'une ONG qui bosse avec les enfants des rues, je me suis finalement décidée à m'engager plus concrètement dans la protection de l'environnement.
En effet, c'est une petite organisation qui a pourtant une influence assez large aux Philippines. Elle fait partie de la coalition internationale Zero Waste, qui comme son nom l'indique se donne pour mission de réduire au maximum la production de déchets.
Dans ce but, le programme principal de Mother Earth Foundation est de promouvoir le tri des déchets, et les méthodes de recyclage/compost, tout cela en totale coopération avec la population et les autorités locales.


Ainsi, le programme commence dans chaque quartier par une enquête sur les pratiques préexistantes, puis la mise en place de programmes de training, afin de sensibiliser les gens aux différentes pratiques, puis à la fin du programme une évaluation pour en déterminer l'efficacité.
Et le moins qu'on puisse dire est que cela fonctionne bien. En effet, le dernier programme en date que j'ai jugé avait réussi en 3 mois (c'est un programme à court terme) à mettre en place dans au moins un quart des foyers un compost, et dans au moins la moitié une ségrégation efficace des déchets, avec un arrêt total des feux (combustion des déchets ménagers et agricoles).

Une deuxième partie de leur action réside dans l'éducation des professeurs et des élèves (mais la cible principale est les professeurs, plus efficace sur le long terme), à la protection de l'environnement.
Pour cela, on utilise deux programmes américains appelés Project WET (Water Education for Teacher) http://www.projectwet.org/ et PLT (Project Learning Tree, plus axé sur la biodiversité) http://www.plt.org/, qui ont fait leurs preuves aux Etats Unis.
Ils servent de bases à des cours/animations pour tous les niveaux du jardin d'enfants à l'université, dans toutes les matières, permettant d'y associer des références à l'environnement et une sensibilisation à sa protection, en faisant connaître les richesses existantes aux Philippines et dans le monde entier.

Ce travail (tout comme le fait de n'être en contact qu'avec des Philippins dans cette organisation), m'apporte beaucoup sur le plan personnel, et c'est très intéressant de voir comment un pays, qui, du point de vue européen paraît complètement sous développé ou presque, parvient à mettre en place des projets aussi efficaces et innovants (dans l'université, où une partie du programme est appliqué, quand on achète un café, il y a un 'deposit' de 10 pesos pour le retour du gobelet, et de 20 pesos pour les tupperwares quand on achète à manger, on a 4 poubelles différentes, pour les compostables, recyclables, papiers, et autres !)

Voilà pour l'instant, mais j'espère pouvoir aussi bientôt faire du volontariat dans une petite association qui s'occupe des enfants des rues appelée Oursins, enfants des trottoirs.

lundi 23 août 2010

Be a French Girl in the Philippines

           Steak                                           Barbie Doll

Qu'est ce que ces deux images ont en commun ? Pas grand chose en soi, mais en fait, ce sont ce à quoi je dois ressembler dans les yeux de la plupart des Philippins quand je passe (et ça doit être la même chose pour toutes les filles blanches...). 

Comment décrire cette impression bizarre ? Difficile à dire, on ne s’en rend pas forcément compte du premier coup, ce ne sont que des arrière goûts laissés sur les pensées, par petites touches.
Tout d’abord, ces immenses panneaux publicitaires, partout, avec des magnifiques mannequins,  ils pourraient aussi bien se trouver en Europe ou aux Etats-Unis, car les femmes ou les hommes qui y sont représentés ne sont pas d’ici, ou du moins ne ressemblent pas aux gens qu’on croise dans la rue. Pourquoi ? Ils sont tout simplement trop blancs !
Avec le soleil violent de ces latitudes, les gens normaux (je veux dire, pas les vampires, ou en l’occurrence, des gens qui sortent de chez eux pour entrer dans leur voiture, qui les dépose à 2m de leur destination, pour les récupérer au même endroit avant de rentrer à la maison, cela sans approcher la lumière du jour), sont bronzés ici.

Mais les mannequins des panneaux publicitaires sont aussi ceux qu’on retrouve à la télé ou dans les magazines people, ceux qui ont réussi, qui sont riches, ils sont blancs.
Alors, complexe d’infériorité, occasionné par des siècles d’invasion occidentale, ou volonté d’ascension par l’apparence ? On ne le saura peut-être jamais.
Toujours est-il que, filles comme garçons, les Philippins, vont chercher à rester le plus blanc possible, ou à le devenir. 
Et tous les moyens sont bons, à commencer par se protéger du soleil. C’est une bonne chose en soi me direz vous, mais quand ça tourne à l’obsession (pas de sortie à l’air libre en journée, attention, je pourrais bronzer), ça devient inquiétant. Le pire reste à venir.
 En effet, comment font tous ces gens qui eux, n’ont pas de chauffeurs ou n’ont pas les moyens de prendre le taxi ? Ceux qui travaillent dehors ? Et bien, les cosmétiques et les labo pharmaceutiques ont toujours une solution : le savon/crème/poudre blanchissants ou whitener, sous une forme innocente, un simple savon, se trouve un pain de dynamite, toxique à souhait (pas pour tous, mais ce qui se vend dans la rue ne doit pas être certifié AB...), cancérigène; à base de papaye, ou de glutathione, ou en encore de protéine de placenta, tout est bon, pour être blanc.

C'est du vrai mitraillage publicitaire ! Soyez blanc, devenez blanc, restez blanc, le blanc est beau !
On considère presque qu'être bronzé c'est être sale...et que se ruiner en compléments alimentaires blanchissants permettra de devenir riche plus tard... ça me déprime profondément !
Si l'on se bat pour mettre dehors les mannequins anorexiques en Europe, qu'on fasse aussi déguerpir les mannequins trop blancs ici !

Mais qu’arrive-t-il à une personne réellement blanche, genre moi ?

Tout d'abord on la regarde,  tout le temps, partout ou presque.... donc il faut apprendre à ne pas y faire attention, à ne pas regarder les gens. On la regarde de différentes façons :
- qu'est ce qu'une fille blanche fait ici ? genre E.T.
- whaaa trop belle, et là, deux types de réaction :
==> si c'est une fille, elle va peut être se mettre à rigoler, sans que l'on comprenne vraiment pourquoi, avec l'impression qu'elle se moque de toi, mais ce n'est même pas ça;
==> si c'est un garçon, tu va avoir l'impression de ressembler à un bout de viande, genre objet sexuel, et tu va te sentir très très très mal, surtout si le mec en question est vieux et moche ou que tu es toute seule dans une rame de métro et que tout le monde te regarde !

Donc leçons à retenir :
- ne pas se balader en débardeur ou en short trop court, même habillée en gros sac à patate, tu sera quand même une bombe,
-ne pas donner ton numéro de téléphone/mail/facebook qu'on va forcément te demander, parce que là, c'est la fin de la tranquillité (n'est ce pas Marie Laure).
-et donc apprendre à refuser (maybe next time), ou se trouver des faux !

Malgré cela, et les désagréments que cela peut engendrer, ça reste intéressant de voir comment l'on peut passer d'un pays où l'étranger est regardé comme une nuisance ou presque à un autre, où il est si ce n'est admiré, au moins regardé avec intérêt, et curiosité !

Dernier petit détail : il faut apprendre à poser, parce que où que l'on aille, les gens demandent (ou prennent sans demander même parfois), des photos, avec eux ou juste nous ! Je pense que je vais commencer une carrière de top model ici, haha !!

jeudi 5 août 2010

Et le lendemain : San Pablo et la découverte du mystique Mount Banahawe

Après une soirée mémorable, et une fin de nuit à se balader dans le quartier avec un de mes colloc', au bord de la rivière, on part avec Marie Laure à 5h du matin, pour échapper au traffic en sortant de Manille.
On arrive donc à San Pablo, Laguna à 8h30 du matin, pas très fraîches, mais motivées. Nous voilà partie à l'attaque d'une montagne donc les légendes (et le Lonely Planet), disent qu'elle est habitée par des esprits, mais surtout par des sectes ! Après un début de balade à pied, avant de comprendre comment prendre la bonne jeepney, on arrive enfin dans un des derniers villages, au bout d'une route entrecoupée de chemins de terre.
On a un peu l'impression d'être au bout du monde, avec des montagnes tout autour. Une chose étrange, que l'on cherchera à clarifier plus tard : le village a un couvre feu, de 22h à 4h du mat'... mystère....

Arrivées près d'une rivière, on se fait accostée par une vieille femme qui pourraient très bien passer pour une gitane diseuse de bonne aventure, qui nous propose un guide, quand on lui demande le prix, "it's a donation, it's up to you", on ne va pas chercher plus loin.
Elle nous  fait alors acheter pour 50 pesos un sachet de bougies, que l'on devra, par la suite allumer un peu partout. Là commence l'aventure. Pour les esprits sensibles, sachez qu'on est ici rentrées sur le terrain d'une secte, sans vraiment le savoir, ni le vouloir, mais qu'importe, ce qui suit est important !

Les guides (parce que finalement, on nous en a donné deux), nous emmènent en premier dans une sorte de grotte, où l'on trouve une statue de la "Vierge Marie", avec des bougies tout autour, ils nous demandent d'en allumer, puis commence le véritable périple, dans un tunnel de plus en plus étroit, avec pour seule lumière celle d'une bougie. Arrivée dans une sorte de salle souterraine, un des guides nous tends un gobelet avec l'eau de la rivière, et nous demande d'en boire trois gorgées.
On se regarde, en se demandant si notre estomac va survivre à cet affront, mais, coincées dans un tunnel avec des inconnus, on finit par boire, trois minuscules gorgées, puis par se laver le visage avec cette même eau. On finit par ressortir du tunnel, une vingtaine de mètres et une dizaines de bougies plus tard (à ajouter à trois nouvelles gorgées...).

Cependant, on voulait aussi pouvoir monter dans la montagne 'sacrée'. On les voit alors préparer un sac avec une tente, on va acheter à manger, puis ils nous disent qu'on devra dormir en haut, car la montée au sommet prends au moins 8h.. mhhh il est 10h30, avec un départ à 5h et une nuit blanche pour moi, on se dit que ce n'est pas très raisonnable, surtout avec notre manque d'entraînement. Ils nous emmènent donc voir les cascades, ce qui n'était pas moins sportif !

En effet, le sentier est bien glissant, avec des passages assez acrobatiques, voire dangereux, des montées en escalade, avec cordes, et des ponts surplombants le vide, faits de bois mouillé (donc patinoire), mais comme on est motivées, on n'y pense (presque) pas (bon, c'est vrai, Marie Laure est bien contente d'avoir allumé autant de bougies) !



On rencontre en chemin un chasseur (avec un vrai fusil, ce qui m'inquiète quelque peu, tout comme les machettes de nos guides), mais bon, tout se passe bien.
 En haut se trouve une grotte un peu mystique avec des dessins étranges, et pleins de chocolats, en offrande...


La descente est quelque peu ardue, toujours faire attention, ne pas tomber, surtout, ne pas tomber !

 Marie Laure et notre guide

On arrive en bas, bien boueuses et bien fatiguées. On s'apprête à redescendre à San Pablo, la ville principale, pour aller dormir à l'auberge de jeunesse, mais nos guides nous proposent de nous monter une tente et de dormir 'for free'. Et bien sûr, on accepte ! (qu'est ce qu'on a pas fait....), dormir sur un sol bien dur, toujours boueuses, bien humide, et avec une température plus fraiche que la normale.... ça ne donne pas une très bonne mine au réveil, surtout que je n'étais pas franchement rassurée (réveil au milieu de la nuit, un des frères du guide se serait pris un couteau dans le ventre? on n'a pas vraiment réussi à comprendre ce qui s'était passé).
Celle-ci est juste pour le plaisir des yeux, et de la photo 

On redescend au lever du jour, débarquant à 7h30 au Jollybee (le fastfood local) : ouf, des toilettes, des pancakes, et du café, on est reparties pour une journée. San Pablo est une ville envahie par les tricycles, mais aussi par des gens adorables, c'est jour de marché, et comme d'habitude on nous regarde passer, mais cette fois, plus que pour des touristes, on passe pour de missionaires (mmhh chouette....).

On fait le tour d'un des 7 lacs volcaniques de la région, le joli lac Sampaloc, rempli de nénuphars rouges, et de maisons flottantes, avant de rentrer sur Manille, et de dormir (enfin).


Ce petit week end au vert m'a permis de réfléchir un peu sur la spiritualité aux Philippines.

Ce pays est, bien évidemment (grâce aux efforts des Espagnols, très doués pour ce genre d'opération), profondément catholique, on trouve des églises partout, la messe se fait même dans des églises en construction, dans les écoles privées, la messe est faite à chaque début de cours, on prie avant de manger, on se signe avant de monter dans une jeepney, enfin bref, ça sent la religion à plein nez. Mais il n'y a pas que le catholicisme, le sud des Philippines (là où c'est dangereux), est une région musulmane, et les tendances animistes/déistes sont encore prégnantes. On trouve enfin, et c'est parfois un peu inquiétant, un nombre impressionnant de sectes : les témoins de  Jéhovah ont pignon sur rue, avec des grandes maisons, tout comme la célèbre Iglesia Ni Cristo, leurs églises se voient de loin, genre Cheese Cake, et ils récupèrent 10% des revenus de tous leurs fidèles... et ce n'est pas tout, ce genre d'organisation "spirituelle" pullule, comme dans tout pays en manque de secours moral !

 Voilà le type d'église de la secte Iglesia Ni Cristo.

Est-ce une bonne chose ? On a beau dire que la religion rassemble, qu'elle permet de garder des communautés soudées, d'avoir un social network, les religieuses ont beau faire du bon travail dans les quartiers pauvres de Manille ou d'ailleurs, je continue à penser que la plupart des choses reliées à l'Eglise sont une grosse connerie, en particulier leur politique de planning familial !

L'Eglise philippine refuse toute forme d'éducation sexuelle, l'avortement est puni au même titre qu'un meurtre, la contraception est une légende, et on se retrouve avec des gamines de 17 ou 19 ans, à peine sorties du lycée, enceintes, obligées de tout abandonner, études, vie sociale, et espoir de réussite, pour élever leurs enfants. En sachant que dans la majorité des cas, le père s'est envolé... En effet la Bible ne dit-elle pas "Multipliez vous, allez peupler le monde", à croire que les hommes l'ont pris au pied de la lettre... (ceci n'est pas une invention, mais ce qu'a répondu un Philippin, quand on lui a demandé comment, en étant aussi croyants, les hommes aux Philippines pouvaient avoir autant de maîtresses)

Hypocrisie, donnant lieu à bien de désillusions... divorce très mal vu, les jeunes femmes à peine mariées se retrouvent mères célibataires, avec un mari parti voir ailleurs, mais leur vie à elles est bien finie...

Week end contraste !

Tout d'abord, désolée pour le retard !! La vie aux Philippine équivaut bien à 10 vies à Paris, avec le même nombre d'heures dans une journée mais je vais essayer de rattraper tout ça rapidement !

Il y a deux semaines, c'était le premier match de basket de la saison entre mon université (Ateneo), et sa rivale historique, l'université de La Salle (une autre université pour enfants de riches, mais bon...).
On avait eu la chance d'avoir des billets réservés par l'Office des Programmes étrangers, parce que les étudiants normaux avaient eux, dû faire la queue depuis 5h du matin pour avoir les leurs !!
Donc, après une matinée avec les Musmos (je vous ferais un petit topo sur mes occupations extra-scolaires après), on est partis manger (avec Tony, notre super guide de l'assoc' pour les étudiants étrangers), Marie Laure, Céline et Doug (un américain, regular student, qui fait aussi de l'export de sacs à main, j'avoue que je n'ai pas vraiment compris ce qu'il faisait là), dans China Town. Je vous ai déjà un peu parlé de ce quartier de Manille, mais je suis toujours aussi impressionnée des contrastes quand on y arrive, tout est écrit en chinois, les lampadaires sont des lanternes chinoises, et on trouve de la bouffe chinoise PARTOUT, et c'est vraiment bon, on trouve aussi des produits d'export chinois dans tous les coins de rue (vases, babioles, ...).



























Ils ont même leur propre service de pompiers, avec des camions super designs, et VIOLET !
 En parlant de violet, les gens qui me connaissent bien savent ce qu'il en est de ma relation avec cette couleur, mélange de bleu et de rouge, couleur myrtille ou améthyse, mais aussi et surtout de l'Ube.
Qu'est ce donc que cette chose étrange me direz vous ?
Et bien c'est ce que je me suis demandée pendant un certain temps à mon arrivée : on peut trouver aux Philippines des gâteaux à l'ube, des glaces à l'ube, enfin tout ce que vous voulez (en violet bien sûr), mais pas moyen de voir à quoi ça ressemble !










L'ube c'est ça : 

 C'est à dire une sorte de patate douce, ou selon wiki : a purple yam (5min avant de comprendre ce que c'était qu'une yam), mais l'important dans l'histoire c'est le purple !!
Donc oui, ce pays est vraiment fait pour moi.

Après cet intermède coloré, je me permets de vous raccompagner de l'autre côté du miroir, dans le monde du basket universitaire philippin. Entrez donc dans l'arène, et suivez moi. 
Quelques photos pour commencer : 
Voilà, vous avez tout compris, un côté vert (La Salle), et un côté bleu (Ateneo), avec deux équipes, un ballon, une fanfare de chaque côté, et des pompom girls, et vous avez un vrai match à l'américaine, mais avec des joueurs philippins. Une ambiance assez marrante, pas besoin d'aller aux US pour voir un vrai match de basket ! Bon, Ateneo a perdu, mais bon, juste pour la choré des chears, ça valait le coup !

Quelques photos supplémentaires :

Les Pompoms girls (et les leaders), avec notre mascotte, le Blue Eagle.



La journée se termine en beauté avec l'anniversaire d'un japonais, Jotah, dans une grande maison sur Katipunan, on sent l'ambiance de l'International Paradise !

Enjoy !